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Arganoth Ecuyer

 Age : 19 Inscrit le : 19 Juin 2006 Messages : 77 Armées Jouées : [WHB_ Hauts Elfes -2000 pts- Chaos -3500 pts]
| Sujet: A l'ombre du saule 26th Juin 2006, 17:47 | |
| Voilà donc le tout début, que vous trouverEz certainement un peu trop court d'une série de nouvelles relatant la vie d'Yrondith. Il ne s'agit que d'un humble récit, dont la seule ambition est de pouvoir vous fournir un passe-temps le plus agréable possible. Je vous prie donc d'avançe d'excuser mon manque de talent, et de considérer cette nouvelle d'un oeil tolérant.
| Citation: | Chapitre 1: Yvanhel
La première chose que j'entendis, ce fut le bruit du vent soufflant sur les feuillages, dans la douce quiètude du printemps. Et ce son, je n'ai jamais cessé de l'aimer. Je suis né sur l'île bleue, ma douce et belle patrie, celle que nous appellons Ulthuan. C'est ici que, couchée sur l'herbe grasse, le visage figé par l'effort, ma mère m'a mis au monde. C'est ici que j'ai passé mon enfançe, berçé par le champ harmonieux des rossignols, par l'odeur vanillée des tulipes et par l'amour de mes proches. Ignorant tout de la noirceur de ce monde, les premières années de mon existence furent douces et paisibles. Je vivais, et vis toujours, dans la belle cité d'Oskalath, berceau des arts et des sciences, dont la beauté faisait la fierté du royaume de Cothique. C'était une ville de lumière et d'esprit, parsemée de jardins verdoyant et de fleurs écarlates, de tours blanches qui s'élevaient jusqu'au ciel et de palais de marbre. Les rues en étaient bruyantes et joyeuses, salvées par les chants des vierges elfes et les cris joviaux des marchands. La nourriture y était exquise, relevée d'épices exotiques importées des lointaines contrées de Cathay, et nos étoffes comptaient parmis les plus soyeuses et colorées.
Ma famille et moi demeurions dans un vaste domaine du Sud de la ville. Mon père était un riche artisan, habile de ses mains comme de son esprit, et il forgeait des armes et des joyaux de grande qualité. Il était aussi un fin bretteur, une des plus fines lame d'Oskalath, et enfant je ne me lassais pas de l'admirer, tandis qu'il executait avec graçe ses mouvement sveltes et habiles. Ses cheveux longs et blonds encadraient un visage sévère mais empli de bonté, son port était noble et altier et il allait toujours droit au but qu'il se donnait. Jamais je n'ai connu homme plus fin et majestueux. De ma mère je n'ai jamais eu connaissance. Quand j'en parlais à mon père, son expression devenait mélancolique, et il me répondait de façon evasive.
Notre demeure comptait plusieurs domestiques, tous traités avec la plus grande bonté qu'il soit. L'un d'entre eux, Yvahnel, un elfe dévoué et sensible, fut un de mes amis les plus chers, et en sa compagnie je passais les moments les plus agréables qu'il soit. Ma vie sur Ulthuan était alors des plus idylliques. Mais un évênement vint m'ouvrir les yeux et me tirer de mon insouciance. Un soir d'automne, nous nous promenions le long de la lizière de la forêt, et parlions comme l'auraient fait deux frêres. Un rugissement terrifiant se fit alors entendre, et un lion gigantesque, un gracieux félin à la fourrure blanche, surgit du sous-bois, la gueule ensanglantée. Il me fixa d'un regard carnassier et se dirigea lentement vers moi, attiré par la peur qui m'enlaçait et me paralysait. Mais Yvanhel tira un long poignard de sa ceinture, et s'interposa entre nous deux. La bête s'arrêta un moment, puis rugit et bondit avec une puissance colossale sur la poitrine d'Yvahnel qui fut projeté à terre, et lui lacera le bras de ses griffes. L'elfe hurla de douleur, mais, se débattant, il planta sa lame dans la patte du lion. Et c'est pétrifié par l'horreur que j'assistait à ce combat sauvage et sanglant, les yeux écarquillés et la bouche entrouverte. La poussière me piquait les yeux. Puis Yvanhel, dans un ultime effort, ficha son poignard dans le coeur de l'animal, qui poussa un grognement d'agonie et s'effondra lourdement. C'est alors que je fus tiré de ma léthargie. Je me précipitas vers Yvahnel en hurlant, mais il était déjà trop tard. Le sang ruisselait sur son doux visage, et il était zebré de nombreuses et cruelles blessures. Il me regarda en souriant, et me prit la main: - Je n'ai pas faillit à ma mission. Adieu mon ami. Puis ses yeux se fermèrent, et il cessa de respirer. Pour la première fois, je respirais le parfum de la mort. Un instant je fus silencieux, regardant le corps de l'elfe défunt avec effroi. Puis une vague de douleur m'envahit soudainement et déchira mon coeur, et je poussa un hurlement strident qui résonna dans la vallée, brisa le silence et fit fuir les oiseaux. J'avais honte de moi-même, de n'avoir aidé mon ami. Je me trouvais couard, lâche, je me haïssais. Et, terrassé par le chagrin, mes larmes coulèrent à flot.
C'est mon père qui me retrouva. Arrivé auprès de moi, il comprit immédiatement ce qui c'était passé, et me serra dans ses bras. D'autres elfes arrivèrent, et, l'air endeuillé, ils emportèrent le cadavre. Tous me regardaient avec une pitié non feinte, et l'un d'entre eux, en repartant, me posa la main sur l'épaule. Mon père me chuchota à l'oreille: "Ne t'en fais pas, il est mort en brave. Son esprit trouvera le chemin du panthéon des plus grands au royaume d'Asuryan". Puis il me prit par la main et me ramena à la maison. Sur le chemin du retour il reprit: "Tu ne pouvais rien y faire, quand bien même aurais-tu essayé que tu serais mort". Mais je ne l'écoutais plus, j'étais tout entier à mon chagrin. Même la brise du soir sur mon visage ne put l'attenuer. Et je sombrais dans un sommeil sans rêve.
Le lendemain, j'avais pris ma décision. Plus jamais mes proches ne souffriraient par ma faute. Je me dirigeais vers mon père, le visage empreint d'une ferme résolution. J'avais pris avec moi Orcrist, une épée superbe qu'on m'avait forgé à ma naissance. Je lui tendis, et déclamai d'une voix hargneuse: -Apprends-moi à me battre... |
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|  | | Krahendron Ecuyer

 Age : 20 Inscrit le : 18 Nov 2005 Messages : 91
| Sujet: Re: A l'ombre du saule 26th Juin 2006, 18:49 | |
| Que de talatueux écrivains sur ce forum !!!
Je le trouve surper et j'ai d'avoir la suite. _________________ La mort est un art que les eldars maîtrisent à la perfection. |
|  | | Sparda Grand Nom

 Age : 18 Inscrit le : 05 Juin 2006 Messages : 480 Armées Jouées : Chaos Khorne/ Ogres
| Sujet: Re: A l'ombre du saule 26th Juin 2006, 20:33 | |
| Un très beau texte qui appel une suite que j'attend avec impacience.
Sparda _________________
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|  | | Arganoth Ecuyer

 Age : 19 Inscrit le : 19 Juin 2006 Messages : 77 Armées Jouées : [WHB_ Hauts Elfes -2000 pts- Chaos -3500 pts]
| Sujet: Re: A l'ombre du saule 1st Juillet 2006, 19:19 | |
| Suiiiiite!
| Citation: | Mon père me fixa d'un air inquiet, puis s'exprima d'une voix grave: -Mon fils, je comprends bien ta douleur à propos de la mort de ton ami, mais tu dois comprendre que rien ne pourra le ramener auprès de toi. Les larmes embuèrent mes yeux, mais je les refoulais rageusement, et m'appliqua à conserver un ton ferme. -S'il vous plait père. Je veux pouvoir défendre ma vie et celle de ceux que j'aime. Je veux pouvoir être maître de mon destin. Apprenez-moi à me battre.
Son visage s'assombrit, et il m'observa longuement, en silence. Puis, sans ajouter un mot, il sortit de la pièce. Un instant, j'eus peur d'être allé trop loin et d'avoir outrepassé mes droits. Mais il revient peu de temps après, vêtu d'une toge noire, et chacune de ses mains tenait un long sabre de bois. Il m'en tendit un. Je le saisis lentement, d'abord craintif et désorienté. Mes doigts se replièrent doucement, un par un, le long de la poignée. Mais peu à peu, le contact du sabre m'inspira une sensation nouvelle. Un feu secret couvait dans mon coeur, et je brûlais d'envie de le sentir s'emparer de moi. Je fus empli de visions que je ne connaissais pas, celles de batailles sanglantes et de combats sauvages. Un sourire se dessina lentement sur mon visage, alors que je m'imaginais, guerrier indomptable, hachant, tailladant des ennemis inconnus. Je sentit la haine monter en moi, et fus pris d'une joie meurtière. Chaque membre, chaque muscle de mon corps se tendirent, et un soudain afflux de sang vint empourprer mon visage. Je regardais alors mon père, et décela dans ses yeux une expression de tristesse. Je fus alors conscient de la folie qui m'habitait, ma rage retomba aussi vite qu'elle était montée, et, pris d'effroi, je fus en proie à de violents tremblements. Le sabre s'échappa de ma main et tomba sur le sol dallé avec un bruit sourd.
Mais mon père ne fit pas un pas dans ma direction pour venir m'aider. Son expression était des plus sévères, il s'exprima d'une voix autoritaire: -Si tu veux être maître de ton destin, mon fils, alors tu devras apprendre à maîtriser tes pulsions. Reprends ton arme, et redresse-toi. L'apprentissage du combat prend sa source en toi. Tu dois apprendre à te connaître. Allons, en garde! Nous allons voir ce que tu vaut, et si vaut la peine que je perde du temps pour toi. Jamais il ne m'avait parlé d'une telle façon, et j'en fus peiné. Je le regardais avec des yeux implorants, mais son visage resta de marbre.
Je me rafermis, refoulant mes larmes qui perlaient au bout de mes cils, et m'executait. Je saisis mon sabre à deux mains, et le porta à hauteur de poitrine. Mon père fit de même, et nous nous observâmes, les yeux dans les yeux, tel des loups à l'affut. Le temps semblait s'évanouir autour de nous. Puis je bondis soudainement, et lui porta une attaque au visage. Mon père esquiva d'un mouvement ample, et me porta un coup dans les côtes qui me fit perdre équilibre. L'instant d'après, il était derrière moi, et appuya la pointe de son sabre contre ma gorge. -Dans un vrai combat, tu serais déjà mort, Yrondith. Tu es trop emporté. Ne baisse jamais ta garde sauf si tu as une bonne raison de le faire. Pour toute réponse, je m'écarta de lui, et me remis en position, ne le lâchant plus du regard. La soudaineté de son attaque me surprit, et je n'eus que le temps de me jeter en arrière pour l'éviter. Je repris cependant mes esprits, et ma lame vint décrire un grand arc de cercle à hauteur de son poignet. Mais mon coup ne rencontra que le vide. Mon père avait sauté sur le côté, et son sabre vint viser mon épaule. J'avais cependant anticipé son mouvement, et au dernier moment je déviais son sabre de sa trajectoire. Puis, en courant, je tentais de le renverser de mon épaule. Mais il se jeta sur le côté avec une vitesse incroyable qui me laissa déconcerté, puis je reçu un choc dans le dos qui me propulsa par terre. Je percutais le sol violement, mais je protegais la tête de mes bras. Mon père demeura silencieux.
Je me relevais difficilement, chacun de mes membres me faisant souffrir. Mais je gardais la tête haute et fixait mon père avec un expression de défi. Mon coeur battait à tout rompre, et je me replaçais dans ma position de garde. Mon père rit doucement: -Tu es courageux, Yrondith. Courageux, mais beaucoup trop impétueux. Tes coups irréfléchis auraient put causer ta perte maints fois, s'il s'était agit d'une vraie arme. Je ne pense pas que tu feras un bon guerrier. Renonçe. La colère me fit frémir, mais je le containt et me força à rester concentré. Je restais aux agguets du moindre de ses mouvements, d'une rotation des hanches au plissement d'une paupière. Il s'elança à nouveau vers moi, mais cette fois-ci je fus plus rapide que lui. Je lui porta un coup au visage, et il esquiva aisement, mais au dernier moment mon sabre changea de direction et fondit en direction de ses flancs découverts. Surpris, il évita l'attaque à grand peine, et j'en profitais pour lui envoyer mon pied au ventre. Il se baissa vivement, mais ce faisant, il ne put m'éviter quand je me jeta sur lui, non envoyant tous deux au sol. Nous restâmes un moment allongés côte à côte, puis il se redressa et me parla d'une voix radouçie. -Je crois que je me suis trompé, Yrondith. Tu es digne de reçevoir mon enseignement. |
Dernière édition par le 2nd Juillet 2006, 12:49, édité 1 fois |
|  | | Arganoth Ecuyer

 Age : 19 Inscrit le : 19 Juin 2006 Messages : 77 Armées Jouées : [WHB_ Hauts Elfes -2000 pts- Chaos -3500 pts]
| Sujet: Re: A l'ombre du saule 2nd Juillet 2006, 12:44 | |
| Je vous donne la suite tout de suite, de façon à vous donner un peu plus de lecture.
| Citation: | Une voix s'élèva, blanche et claire: -Enfant de la lumière, éveille-toi... Une autre lui répondit, froide et cruelle: -Fils des ténèbres, soumets-toi... -Je suis la pureté de ton coeur... -Je suis la haine qui te ronge... -Le chant du rossignol... -Les hurlements du mourrant... -La clarté des étoiles... -Les ombres de la nuit... -La carresse du vent... -Le tranchant de la lame... -Mais où allons-nous? -Qui le saurait... -Nous rejoindrons-nous? -Peut-être jamais...
Les voix se turent un instant, puis doucement, commençèrent à chanter, d'abord faiblement, puis de plus en plus fort, jusqu'à ce que leurs voix mêlées s'élèvent en un choeur vibrant, empli de joie et de tristesse, qui fit s'ébranler les montagnes, se soulever les océans et se déchaîner les vents. Un oiseau de feu apparut dans le ciel, déploya ses ailes, éclatant de beauté. Il poussa un cri perçant et prit son envol, s'éloignant dans l'horizon vers le soleil couchant. Les deux voix se turent alors, et il y eut à nouveau le vide.
Elles parlèrent alors de concert: -Mais il est là. Nul ne peut lui réchapper. Le dieu sombre. Puis, au coeur des ténèbres, une forme apparut, plus noire que la nuit. Elle tendit sa main griffue. Elle était gorgée de sang. Et le sang continuait de couler, inlassablement. La forme déplia ses longs doigts. Et dans son creux, se trouvait un coeur, encore palpitant, et qui se dessechait lentement, mais surement... ............................
Je me réveillai soudain, le front en sueur, terrorisé. Je mis un certain temps avant de retrouver une respiration normale. Je me souvenais de tout exactement, la tristesse qui émanait des deux voix quand elles s'opposaient, le beauté de leur chant. Puis la créature. A sa seule pensée, je fus pris d'un frisson glacial. Qui était-elle? Et que signifiait ce rêve?
Je descendis rejoindre mon père qui m'attendait dans le jardin. Je traversa la cour intérieure, salua les domestiques et pénétra dans la véranda. Mon père s'y tenait, l'air soucieux. A côté de lui se tenait un autre elfe, grand et altier, et vêtu de la livrée verte et grise des gardes de la ville. Quand il me vit il me salua, fit une courte révérence à mon père, puis s'en fut d'un pas rapide.
J'interrogeais mon père du regard: -Je viens de reçevoir une missive de la cour. Une forte concentration de bêtes sauvages des mont d'Anulli vient d'être repérée un peu plus au Nord. Si nous n'intervenons pas rapidement, la région risque d'être menaçée. J'ai été nommé par le conseil pour mener la battue. Je pars sur le champ. En mon absence, tu iras habiter chez Curufinwe, un ami. -Combien de temps serez-vous absent, père? -Je ne sais pas, trois jours, peut-être plus. Je ne peux t'en dire plus. Je hochai la tête et le laissa à ses préparatifs. Il emmena un grand nombre d'armes, ainsi que son armure en or fin qu'il n'avait pas utilisé depuis des années. Puis il prit Nimcrist, son épée, et l'accrocha à sa ceinture. Alors qu'il la rangeait dans son fourreau, je l'entendis soupirer: -J'aurais aimé ne plus avoir à me servir de toi. Le destin est parfois si cruel... Quelques instants plus tard et il était paré. Il m'embrassa sur le pas de la porte. Il me coûtait de le voir me quitter ainsi. Depuis la mort d'Yvanhel, je craignais de devoir me séparer de mes proches, et il me répugnait de le voir partir au loin. Alors que ses lèvres effleuraient ma joue, une vague de tristesse me submergea, et je ne pus retenir un accès de faiblesse, et je le serrai entre mes bras. Il eut un léger sourire, m'ébourifa les cheveux, et me repoussa doucement: -Tout ira bien, je te le promet. Allons, conduis-toi en homme! Je m'écartai de lui et me tint le buste droit, l'air digne, refoulant ma peine. Puis il nous salua de la main, et partit sans un mot de plus.
Curufinwe habitait dans une petite maison, un peu plus au nord que la notre. Il m'accueillit avec joie, me servit à manger, et dévoila des qualités exceptionelles pour le bavardage intempestif. Mais je ne l'écoutais guère. Je pensais sans cesse à mon père, et mon coeur était empli de crainte. Alors qu'il me montrait ma chambre, je l'interrompis brusquement dans sa conversation, et lui demandai: -Pensez-vous que mon père reviendra? Il me regarda avec surprise, puis sourit: -Bien sur. Votre père est un grand guerrier. Je suis certain qu'il s'en tirera. Après tout, il ne s'agit que de simples animaux, j'ai vu votre père se sortir de situations bien plus délicates. Ne craignez rien. Il vous reviendra sain et sauf. J'en fais le serment. Après cela, il dut me quitter, non sans m'avoir fait moult excuses. Mais ses paroles m'avaient reconforté, et m'avaient redonné espoir.
C'est alors que je fis la connaissance de son fils, Beren, un elfe de mon âge. Il était reservé et timide, de petite taille, les cheveux noirs et soyeux. Mais malgré cela nous lièrent conversation, et il fut bientôt mon ami le plus intime, tel que je n'en avais jamais eu depuis Yvahnel. Ensemble nous parcourions la campagne, nous entraînèrent à l'épée et à l'arc, nagions dans les ruisseaux. En sa compagnie, je retrouvais la joie de vivre, et la douleur causée par le départ de mon père s'estompa quelque peu. Ses yeux d'un vert profond cachaient la science et la soif de connaissence d'un érudit, et je ne me lassais pas de l'écouter me raconter les histoires des temps anciens, m'instruire sur la composition du monde au delà du grand océan. Pour la première fois, j'entendis parler des humains, je ris aux éclats quand il m'instruisait sur le peuple nain et leur petite taille qui me semblait si exagérée, et je retins des pleurs quand il me compta l'histoire tragique du peuple d'Athel Loren. Puis il en vint à me parler de ceux qu'il nommait les maudits, les elfes noirs du royaume ténèbreux. J'éprouvais alors un vif intérêt pour ces êtres qu'il disait corrumpus et vils, capables des actes les plus bas. Il me dit qu'ils avaient un jour été des notres, mais qu'ils avaient quitté la voie d'Asuryan, il y a bien longtemps, pour se plonger dans la dépravtion et la haine. Captivé, je lui posais davantage de questions, mais il se referma et refusa d'y répondre: -Il est des choses qu'il ne vaut mieux pas savoir. Ils sont nos noirs cousins, et entre nous il n'y aura toujours que la guerre. Je me tus alors, et changeai de conversation, mais en mon for intérieux je n'étais toujours pas satisfait. Mon rêve me revient alors en mémoire. Une voix claire et blanche, une autre froide et cruelle, toute deux chantant de concert, dans la clarté du soleil couchant...
Un jour, alors que nous nous promenions le long de la forêt, nous passames à l'endroit où Yvahnel était tombé. Instantanément, les souvenirs douloureux que j'avais enfoui au plus profond de moi-même refirent surfaçe, et mes yeux s'embuèrent de larmes. Beren le remarqua, et me fit m'asseoir: -Que ce passe-t'il? me demanda-t'il avec douceur. -Dis-moi Beren. Jusqu'où irais-tu pour sauver quel'qu'un que tu aime? Irais-tu jusqu'à te sacrifier? Irais-tu jusqu'à donner ta vie? Il hésita un moment, puis me posa la main sur l'épaule, et me parla d'une voix émue: -Oui Yrondith. Je donnerais me vie pour aider ceux qui me sont cher. Je plongeai mes yeux dans les siens, et y lu une profonde compassion. Je lui souris tristement, et il répondit à mon geste. Le soleil couchant vint illuminer nos deux visages. Jamais je ne me suis senti aussi bien...
Puis mon père revint, quelques semaines plus tard, couvert de boue. J'appris son arrivée avec une joie intense, et me précipitait pour le retrouver. Mais son accueil fut de glaçe. Il me repoussa avec agaçement, refusa de manger, puis monta dans sa chambre et s'y enferma, me laissant seul en proie au plus vif étonnement... |
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