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L'heure des Loups

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Widfara
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MessageSujet: L'heure des Loups   28th Octobre 2005, 09:49

"Soldats! Guerriers venus de tout le royaume pour le défendre! Vous voyez ce qui arrive sur nous. Si nous perdons la bataille, nous auront perdus la guerre, et ceux qui mourront seront les plus chanceux, car ils ne verront pas la mort et la chute de tout ce qu'ils ont aimé! C'est pourquoi je vous demande de combattre, et jusqu'à votre dernier souffle!"

En entendant cela, tous relevèrent la tête. Chevaliers, piétons, archers, sergents d'armes, piquiers, tous se sentaient prêts à tenir, et en voyant Mendelkan qui passait au galop devant leur ligne, sa longue épée levée, il leur sembla que rien ne pourrait les vaincre. Mais durant ce discours, la multitude de leurs adversaires s'était rapprochée. Un pas à la fois, dans une lenteur insoutenable, le tout rythmé par de grands tambours de bronze installés sur des chariots.

Des dizaines de milliers de piétons approchaient, précédés par plusieurs centaines de cavaliers montés sur des loups. Ils s'arrêtèrent à 400 toises. La rage d'anéantir coulait dans les veines de ces milliers d'êtres.

Mendelkan rejoignit la colline sur laquelle l'attendaient ses officiers. Grand, fier, les cheveux mi-longs d'un brun foncé, le chef de guerre favori du Roi semblait tout droit sorti d'une légende. De l'autre côté de la plaine, l'armée adverse continuait à avancer. Ils étaient à une lieue de l'ost royal. Après avoir reçut ses instructions, Negreval, Chevalier-Tigre, dans les vingt-cinq ans, partit rejoindre sa cavalerie, cachée dans un petit bois non loin, situé sur le flanc gauche de l'adversaire. Alors qu'il appartenait à un des ordres militaires les plus prestigieux, son armure et ses armes étaient tout ce qu'il y avait de plus normal. Maintenant, il allait jouer le rôle du marteau, alors que l'infanterie commandée par le Duc de Grisayeux jouerait l'enclume. Leurs adversaires étaient maintenant à quatre cents toises. Ils se formèrent une ligne, et se mirent à courir.

La charge de ceux d'en face ressemblait à une vague scintillante, projetant des éclats de lumière partout où le soleil se reflétait sur le fer d'une lance ou un casque brillamment poli. La vague se rapprochait. Refusant de céder à la peur qui les tenaillait, les piquiers s'avancèrent et formèrent une triple muraille de pointes. Plus que deux cents toises. Les archers essuyaient leurs mains moites sur leurs tuniques, lissaient l'empennage de leur première flèche d'un coup de langue, préparaient leurs volées devant eux pour tirer plus vite. Cent toises. Dans un bel ensemble, deux milles arcs se tendirent et lâchèrent une nuée de dards. Alors que l'averse de mort n'était pas encore retombée sur les rangs adverses, les archers lâchèrent une seconde volée, puis une troisième. À la sixième volée, la vague vivante se disloqua et reflua.

"Nous sommes en train de gagner" s'écria un jeune officier près de Mendelkan.

À peine avait-il fini cette phrase que les assaillants se rallièrent, se reformèrent et chargèrent de nouveau. Une fois encore les archers tirèrent, avec beaucoup moins d'efficacité, car leurs cibles avaient levés leurs boucliers. Néanmoins, quatre volées avaient creusées leurs rangs.
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Widfara
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MessageSujet: Re: L'heure des Loups   28th Octobre 2005, 09:50

"On a plus le choix, déclara Mendelkan, il faut charger, ils sont plus près de nos ligne que la première fois!"

Lord Velgan, acquiesa, et ses chevaliers piquèrent des deux, pendant que les archers lâchaient une autre volée. Tout accaparés par la charge des cavaliers, ceux qui avaient survécu aux volées précédentes ne virent pas l'averse de mort qui leur arrivait dessus; ce qui créa un désordre momentané dans leurs rangs qui permit aux chevaliers de s'enfoncer profondément dans les lignes adverses, taillant, frappant tout ce qui passait à portée de leurs armes. Ceux qui avaient préféré charger avec une lance virent leurs armes pénétrer dans les corps de leurs ennemis, et parfois en ressortir intactes, la pointe et une bonne partie de la lance maintenant écarlates.
On vit alors une flèche s'élever au-dessus de l'armée ennemie, une flèche enflammée, qui par quelque artifice brûlait d'un feu vert. Un signal, mais pour qui? Tous le surent bientôt, voyant les monteurs de loups arriver de toute la vitesse de leurs montures. Velgan rallia ses hommes, sa voix couvrant un instant le bruit de la bataille. Ils n'étaient plus que 150. La rencontre des deux partis fut violente. Les chevaucheurs hurlèrent de terreur et de douleur quand les longues lances percèrent leurs cuirasses et leurs chairs pour finalement ressortir dans leur dos. Plusieurs d'entre eux furent arrachés de selle par la violence de l'impact. Certaines lances heurtèrent avec violence les boucliers, se fracassant en éclats de bois qui allèrent se planter dans le visage des monteurs. Seulement, les loups qui leur servaient de montures continuaient à se battre, faisant s'écrouler les chevaux et tuant les chevaliers avant qu'ils n'aient pu se relever. La charge s'était transformée en massacre.

Voyant cela, Mendelkan fit sonner la retraite. Mais sur les 300 chevaliers qui avaient chargés, sur les 150 encore en vie au moment de l'assaut contre les chevaucheurs de loups, 110 se firent massacrer au champ d'honneur, continuant à se battre même contre des adversaires plus nombreux. Mendelkan ne pus qu'assister à la mort de ces hommes valeureux. Il vit également la dernière résistance de Lord Velgan, luttant dos-à-dos avec son écuyer. Les deux s'écroulèrent finalement. De la charge, seuls 30 purent rejoindre leurs rangs, criant des injures et des malédictions à la masse de leurs adversaires.

Pour la troisième fois, leurs adversaires se rallièrent, et repartirent au combat. Le rempart de piques ne tint pas longtemps, et ce furent très rapidement les épéistes qui se retrouvèrent engagés. La Garde d'Argent de Grisayeux se frayait un chemin à grands coups d'épées dans la masse de leurs ennemis, rien ne paraissant résister aux épées à deux mains de ces colosses. Ils retrouvèrent Velgan, encore sonné par le coup de massue qu'on lui avait assené sur le casque.Maintenant, ils étaient formés en carré, et repoussaient héroïquement leurs adversaires.

Mendelkan fit signe à un homme de sa garde personnelle. Le soldat leva son arc et décocha une flèche enflammée.La réaction ne se fit pas attendre, Negreval et ses hommes, impatients de combattre, galopaient vers leurs ennemis, et percutèrent leur flanc, y semant le chaos et la mort.
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Widfara
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MessageSujet: Re: L'heure des Loups   28th Octobre 2005, 09:50

. Une bonne partie des archers du Roi s'était déplacée sur la droite et avait engagé un furieux combat à longue distance avec leurs homologues d'en face. Le reste continuait à tirer, mais bientôt, que se soit par manque de flèches ou par fatigue, ils s'arrêtèrent, et se mirent à la recherche de projectiles. Deux heures s'écoulèrent, mais rien ne semblait faire pencher le combat en faveur de l'un ou l'autre camp. Les corps tombaient et tombaient encore dans des explosions rouges, et le sol commençait de façon troublante à prendre cette teinte, au même titre que les armures. Les armes dégoulinaient de sang.Des têtes roulaient au sol pour finir le course parmi d'autres cadavres, ou même sous les sabots des destriers. D'ailleurs, Negreval et ses hommes paraissaient s'amuser, passant au galop entre leurs adversaires, donnant un coup d'épée avant de repartir hors d'atteinte. Bien évidemment, certains tombaient de leur monture, mais le rapport de force jouait nettement en leur faveur.

Negreval vit alors que le chef des chevaucheurs de loups arrivait vers lui. Il fit signe à un de ses chevaliers de lui donner une lance, puis chargea. Le contact était proche, mais Negreval échangea lance et bouclier de main avec une adresse stupéfiante. L'autre tenta d'en faire de même, mais pas assez rapidement, et la lance lui transperça le cœur.Se débarrassant de l'arme et du cadavre qui y était empalé, le vainqueur agrippa la lance d'un soldat adverse, lui arracha des mains, et la projeta sur le loup. Avec un jappement, le loup s'effondra, et ne se releva plus.

Mais, d'un coup, il n'y eut plus personne autour des combattants. Leurs ennemis fuyaient. En fait, remarqué Grisayeux, ils se repliaient. Des deux côtés, on se reformait, et surtout, on mettait en avant les régiments n'ayant pas encore combattus. Des deux côtés, ceux qui venaient de se replier étaient extenués, les bras engourdis à force de tuer.

Leurs ennemis se rallièrent une fois de plus, pour un assaut de la dernière chance... La charge des chevaliers ainsi que les volées des grands arcs avaient nettement écorné leurs rangs. Ils chargèrent de nouveau. Cette fois, les archers les ajustèrent à tir tendu, lâchant leurs ultimes flèches en trois vagues de dards. Au moment même où leurs adversaires arrivèrent au contact, les piétons s'écartèrent et se formèrent en carré, et la cavalerie passa dans les couloirs ainsi ménagés.

La masse de leurs adversaires, déroutés par cette manoeuvre, n'opposa que peu de résistance à la puissance des chevaux. Les piétons suivirent immédiatement la cavalerie, qui ne pouvait suffire à détruire leurs innombrables adversaires. L'ost de Mendelkan avait écrasé l'avant-garde de cette armée venue envahir le royaume, pratiquement anhilé le gros des forces ennemies, mais quand ils se reformèrent pour faire face à l'arrière-garde, leurs ennemis rirent: bien que réduits au cinquième de leurs effectifs, ils foraient encore une grande troupe, pratiquement aussi nombreuse qu'une colonne royale, et l'armée de Medelkan comptait 3 colonnes avant la bataille. Mais cette fois, il n'aurait avec lui ni l'effet de surprise des chevaliers, ni le terrain pour l'avantager. Ses adversaires s'étaient retranchés sur une butte du terrain, avaient formé un véritable mur de boucliers hérissé de lances et de piques, avec des archers par derrière.
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Widfara
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MessageSujet: Re: L'heure des Loups   28th Octobre 2005, 09:51

"Tant pis, pensa Mendelkan, pas le temps d'élaborer un plan brillant...ce sera une charge à l'ancienne!" acheva-t-il en hurlant.

À ces mots, les chevaliers n'attendirent pas le signal de la charge, tant ils étaient pressés de venger la mort de leurs camarades. Les piétons les suivirent, tout possédés qu'ils étaient par l'ardeur de la bataille. Les archers ennemis lâchèrent en vain quelques volées de flèches pour tenter d'endiguer la charge, mais les cavaliers de Mendelkan étaient bien protégés par leurs boucliers ovales qui allaient du pied gauche au cou, et la plupart des flèches restèrent plantées dans cette protection. Cette fois, le sort des armes paraissait changé: si le rempart mobile élevé par leurs adversaires n'avaient pas résisté à la charge des guerriers montés, il ralentissait considérablement les fantassins. Les lances et les piques de leurs adversaires commençaient à ployer sous le poids des corps transpercés qui y étaient empalés. Finalement, le mur de bouclier tomba. Mais les hommes du roi durent encore livrer un dur combat, la plupart de leurs adversaires combattaient en effet jusqu'à la mort. À la fin du jour, le nombre eut raison du courage, et ils se débandèrent.

La nuit était tombée, et les écuyers aidés dans leur tâche par des guerriers montés, des mercenaires, tous munis de torches, donnaient la chasse aux débris de l'armée adverse. Les prisonniers se comptaient par centaines. D'autres cherchaient à identifier les morts, et les corps de ceux qui avaient été aux prises avec les loups se révélaient particulièrement ardus à reconnaître. Le campement, qui il y a peu encore était plus silencieux que les morts reposant à présent sous certaines tentes retentissait maintenant des cris des mourants. Il avait même fallut faire appel aux services d'un forgeron pour délivrer certains guerriers, principalement des chevaliers, de leurs armures cabossées. On avait également retrouvé Lord Velgan, sérieusement blessé, épargné par miracle par la charge des chevaliers. Mais c'était trop tard pour son écuyer.
Mendelkan n'avait pas quitté la butte sur laquelle il se trouvait au début de l'affrontement. Malgré la victoire, c'était une grande contrariété qui se lisait sur son visage. Toutes les forces du royaume avait à peine suffit à repousser le premier assaut. Et d'autre viendraient sûrement, d'après les dires des prisonniers.
"Monseigneur?"
Mendelkan releva la tête, et regarda le nouveau venu. Un chevalier, en armure, couvert de sang et de boue, le bouclier tellement lardé de coups qu'on n'arrivait plus à y déchiffrer ses armoiries. Il releva le ventail de son casque, révélant un visage aux traits durs.
"Oui?"
"Nous avons un sérieux problème."
Devant le silence de Mendelkan, le nouveau venu décidé de continuer.
"Pendant qu'on combattait ici, deux autres armées ont franchi la frontière et on attaqué plusieurs cités. Et maintenant, ils marchent sur la capitale."
Mendelkan restait toujours silencieux, mais cette fois, c'était de stupeur.
"Quel souverain peut donc lever de telles armées?" se demandait-il.
"Que devons-nous faire?"
"On se replie!"
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Widfara
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MessageSujet: Re: L'heure des Loups   28th Octobre 2005, 09:51

Plusieurs officiers restèrent abasourdis. Ils n'avaient jamais eu à se replier, et qui parmi eux aurait pensé que ce serai le plus grand chef de guerre du royaume qui donnerai cet ordre?
"Donnez la nouvelle aux hommes! Nous partons dans une heure! Laissez ici tout ce qui n'est pas indispensable: ne prenez que des armes et des vivres!"
"Les hommes sont fatigués, sire!"
"Mieux vaut pour eux d'être épuisés que morts!"

L'ost royal progressait à marche forcée depuis deux jours déjà, quand ils virent une ferme brûlée. Les habitants avaient été pendus aux poutres de la grange, et le feu avait ensuite était allumé. Un homme tomba à genoux en pleurant. Devant le regard interrogatoire de Mendelkan, un officier lui répondit qu'il était le propriétaire de la ferme, et qu'il y avait laissé une famille.
Une semaine plus tard, les hommes de l'ost n'étaient plus qu'à une journée de marche de la capitale. Ils n'étaient plus que 25000. Beaucoup avaient fuis, certains chevaliers étaient partis pour retrouver leur domaine, et sans doute livrer une ultime bataille dans les ruines des fermes pour sauver leur honneur. D'autres étaient morts de fatigue, de froid ou de faim.
Quand ils arrivèrent en vue de la capitale, la cité était en feu. Mendelkan baissa la tête. Il arrivait trop tard pour sauver le roi.
"Mais, pensa-t-il, pas trop tard pour le venger..."
Il releva la tête, et ses officiers eurent un mouvement de recul en voyant son visage. Une flamme brûlait dans ses yeux, une ardeur guerrière courait dans ses veines.

Il hurla une phrase que chaque homme compris.
"Pour le Roi!!!"
Et dégainant son épée, il piqua des deux. Les officiers, les hommes de sa garde personnelle et les chevaliers chargèrent à leur tour. Les piétons suivirent. Les hommes d'une compagnie ennemie tournèrent la tête dans la direction de cette clameur...et disparurent sous les sabots des destriers. La deuxième compagnie sur le chemin des soldats du roi connu le même sort. La charge se brisa contre le rempart de piques dressé par la troisième compagnie. Quand aux piétons, les loups avaient chargés leur flanc gauche, tandis que des fantassins adverses arrivaient sur le flanc droit de leur troupe. En arrivant au contact, les loups créèrent des sillons rouges dans les rangs. Certains piétons, avec plus d'expérience que les autres, formèrent un cercle autour de certains loups, et les transpercèrent de leurs lances. Sur le flanc droit, les hommes purent constater que les fantassins qui couraient vers eux étaient des mercenaires barbares venus du nord, dépassant d'une tête les plus grands des hommes de Mendelkan, et maniant de grandes haches à double tranchant, des épées à deux mains ou des massues. Ils taillèrent en pièce les premiers rangs, mais leurs lourdes armes les empêchaient de parer toutes les attaques, ce qui permettait à ceux qu'ils avaient attaqué de leur porter des coups qui les affaiblissaient.
Les chevaliers avaient été encerclés par la masse des piétons adverses, et tentèrent une dernière charge pour leur échapper. Beaucoup y laissèrent la vie. Les hommes de Medelkan combattirent toute la journée, et une partie de la nuit.
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Widfara
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MessageSujet: Re: L'heure des Loups   28th Octobre 2005, 09:51

Au matin suivant, ils n'étaient plus sur le champ de bataille. Durant la nuit, ils avaient réussis à percer le front adverse et à s'échapper. Ils n'étaient plus que 8000 à se diriger vers la forteresse de Mendelkan, le fort du Pic Noir.

Harcelée par les chevaucheurs de loups, l'arrière-garde déposa finalement les armes et fut faite prisonnière. Le gros des troupes se dispersa quand les loups attaquèrent. Il ne restait plus que l'avant-garde, majoritairement composée de chevaliers. Quand un parti de fantassins ennemis leur barrait la route, ils chargeaient au travers, perdant à chaque fois quelques hommes. Plus que 70 hommes. Le dernier passage fut fatal à la troupe, qui n'étaient plus très éloignée du fort du Pic Noir. Cette fois, seuls Mendelkan, Velgan et une dizaine de chevaliers parvinrent à en réchapper.

Le sang de Mendelkan suintait à travers les mailles de son haubert, qui était déchiré en de nombreux endroits. Son bras gauche pendait, inerte. La lance de Mendelkan s'était fracassée contre le pavois d'un de ses adversaires, sans se briser. Le contrecoup avait été terrible. C'est à peine s'il pouvait encore monter à cheval. Un coup de sabre lui avait entaillé la jambe droite jusqu'à l'os. Lord Velgan, quant à lui, faisait peur à voir, il avait été déshaumé par un coup de massue, et un bout de peau lui pendait sous l'oeil droit. Une balafre lui courait du front à la joue, en passant par un oeil, miraculeusement préservé par le coup.
Les autres chevaliers étaient plus au moins blessés.

Quand ils arrivèrent au fort du Pic Noir, les chevaliers, qui ne l'avaient jamais vu, furent impressionnés. De grandes murailles de pierre noire, haute de 100 pieds et larges de 30, surmontées à intervalles réguliers de tours rondes hautes de 150 pieds, sur lesquelles de grandes catapultes étaient installées. Cette muraille ceinturait une colline pierreuse, avec à son sommet une forteresse, construite avec art dans cette pierre de jais. Quand ils aperçurent leur seigneur blessé, les gardes abaissèrent le pont-levis, relevèrent herse et grille aussi vite qu'ils le pouvaient. Quand ils eurent passé les portes, celles-ci se refermèrent avec fracas, bientôt suivi du bruit des serrures. Velgan et les autres étaient sauvés, mais on ne pouvait pas en dire autant de Mendelkan. À peine était-il rentré que les chevaliers de sa garde le descendirent de cheval et l'installèrent sur une civière apportée par les serviteurs, avant de le transporter dans l'herboristerie. L'herboriste, un vieillard qui avait vu passer sous ses yeux beaucoup de blessures plus ou moins graves, ne s'affola pas outre mesure en voyant l'état de Mendelkan. Avec des gestes précis, il retira la cotte de mailles de son patient en faisant en sorte de ne pas faire bouger les parties meurtries du corps de son seigneur. Un froncement de sourcil devant certaines blessures. Quelques ordres donnés à ces assistants, qui lui apportaient instruments et pansements dès qu'il le leur demandait.

Velgan et les chevaliers attendaient à la porte de la salle dans laquelle le chirurgien s'activait depuis plusieurs heures déjà, quand ils virent la porte s'ouvrir, laissant passage à l'herboriste.

"Alors?"
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Widfara
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MessageSujet: Re: L'heure des Loups   28th Octobre 2005, 09:52

"Il survivra, mais j'ai bien peur qu'il ne redevienne jamais le combattant qu'il était."

Puis le médecin souleva le bandage de Velgan, observant les soins qui lui avaient été apportés par un apprenti. Apparemment satisfait, il replaça le bandeau, puis recommanda aux guerriers de prendre du repos. Lui-même se retira dans ses appartements.

Mendelkan sortit un mois plus tard de l'hôpital. Durant sa guérison, de nombreux événements s'étaient produits. Alors que Mendelkan pensait que sa charge devant les murs de la capitale n'avait été d'aucune utilité au royaume, elle avait en fait permis au roi de s'échapper en profitant que les mercenaires barbares étaient aux prises avec les fantassins du roi. Puis, gagnant le nord du royaume et ralliant à lui les débris de l'ost de Mendelkan, il avait levé autant de forces qu'il le pouvait et avait repris plusieurs villes, mais la capitale était toujours aux mains ennemies.

Néanmoins, une semaine après la guérison de Mendelkan, une petite troupe de forestiers s'était présenté devant les portes du fort. D'après leurs dires, une grande armée se dirigeait vers le bastion de Mendelkan. Les envahisseurs seraient probablement là dans quatre jours au plus, car ils transportaient avec eux du matériel de siège et de nombreux chariots. Ce que ces chariots contenaient, ils ne pouvaient le dire, mais c'était probablement des provisions.
-Combien sont-ils?
-Nous n'avons pas pu les compter, mais ils doivent être au moins quinze milles.
Mendelkan réfléchit un instant, puis s'écria:
-Ils veulent assiéger ma citadelle? Et bien je suis prêt à les recevoir comme il se doit!
-Mendelkan?
-Oui, Velgan?
-Nous n'avons pas assez d'hommes, sans compter que les habitants des villages forestiers viennent se réfugier ici…nous n'auront pas assez de vivres…
Mendelkan regarda Velgan, puis les hommes de sa garde. Puis, s'adressant au forestier:
-Je veux que tous ceux qui, parmi vos villages, savent tirer à l'arc ou manier une lance montent sur les remparts quand ils arriveront. Que tous ceux qui ne peuvent pas se battre aillent se réfugier derrière la deuxième enceinte! Et qu'ils prennent des armes pour se défendre en cas de besoin! On va leur faire payer nos morts!

Après quatre jours de préparatifs, le fort était prêt à recevoir les assaillants. Des hourds avaient été installés sur les murs et les tours, les enfants avaient stocké des pierres pour bombarder ceux qui seraient un peu trop téméraires par les mâchicoulis. Les femmes avaient préparé empennages et provisions.Les menuisiers, les charpentiers et les forgerons s'étaient activés pour fournir hampes, barricades et armes. Les hommes du fort se sentaient prêts à combattre. Quel ennemi, aussi nombreux fut-il, pouvait franchir ces murailles et ces fossés? Quel ennemi pouvait prendre une telle forteresse, quand elle était défendue par cinq milles hommes en armes et prêts à en découdre?
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† Léviathan †
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MessageSujet: Re: L'heure des Loups   28th Octobre 2005, 11:59

Ouais !!! Bon boulot Wid !! cheers
Bon alors pour la suite continue avec ce beau vocabulaire !!

Jadore Wink
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Widfara
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MessageSujet: Re: L'heure des Loups   28th Octobre 2005, 14:07

Merci pour les encouragements, mais là, je commence juste à entrevoir un enchaînement des idées...

Donc, la suite, c'est pas pour tout de suite, mais ça viendra...

Wid.
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Tiranus
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MessageSujet: Re: L'heure des Loups   16th Novembre 2005, 14:54

c'est excellent Exclamation :D
j'attend la suite avec impatience Wink
quel suspence je sens que je vais avoir du mal a attendre la suite

encore une fois bravo cheers
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Widfara
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MessageSujet: Re: L'heure des Loups   18th Novembre 2005, 16:45

Ben, encore merci, mais, pour le moment, j'ai pas trop le temps...fin de trimestre, les profs nous assaillent de contrôle...enfin, nous assaillaient, là, c'est bon, tr@nquille...

Mais, bon, j'ai profité d'un devoir de français pour développer la bataille, et là, j'ai "promis" sur un autre forum (Artgamer), une aventure spatiale...mais je vous offrirai la suite, ça, je vous le promet!

Wid.
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Widfara
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MessageSujet: Re: L'heure des Loups   25th Novembre 2005, 12:04

Voilà, j'ai actualisé le récit, mais il en manque un bout...je le met ici...

"Non, disaient-ils. Même si ils amenaient toutes leurs armées ici, ils ne pourraient pas réussir."

Au soir du quatrième jour, l'armée ennemie stationnait autour de la forteresse, juste en dehors de la portée des armes de siège montées sur les murailles. Les défenseurs ne pouvaient que les observer creuser des tranchées et élever des palissades. Dans tous les cas, le château pouvait résister, même à un siège de plusieurs mois.

L'assaut fut lancé à l'aube.
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