Widfara Modérateur

Inscrit le : 27 Oct 2005 Messages : 152
| Sujet: Confession(s) 11th Juillet 2006, 00:59 | |
| -Vous en êtes réellement sûr? Bien. Dans ce cas, je verrais ce que je peux faire... Le policier raccrocha. Il se nommait Jacques. Jacques Duhel. Il était originaire de Loire, mais était actuellement en poste à Paris. Son interlocuteur se nommait Henri Destski. Il était terrifié. Il lui avait dit que quelqu'un le suivait. En fait, c'est moi qui ai prévenu le policier. Je me nomme Henri Destski. Je suis originaire de Russie, et je ne suis pas le genre de personnes qui sont habituées aux problèmes. C'est plutôt le contraire. Je suis catholique, prêtre de mon état, dans une paroisse parisienne. Laquelle? Ça n'a plus d'importance, désormais. Plus aucune importance. Je range mon téléphone portable. Je monte cet escalier lentement, depuis cinq marches. Mes pas résonnent. Cela ressemble trop à mon rêve. Je sue à grosses gouttes? Comment cela a-t-il pu arriver? Comment une affaire vieille de quatorze ans, que je croyais enterrée, peut-elle resurgir ainsi? Tout a commencé, ou plutôt recommencé, il y a trois mois. Je me trouvais dans l'isoloir, quand un homme y est entré, calmement. Je me souviens encore de ma voix, et de la sienne. La façon dont nous avons échangé les paroles d'usage.
-Pardonnez-moi mon père, car je vais pêcher, m'a-t-il assuré. -Et quel pêché allez-vous donc commettre, mon fils? -Je vais tuer quelqu'un. Vous.
J'ai bien cru alors défaillir. Cette voix… Cela ne se pouvait. Je suis resté muet, et l'autre est ressorti. Je n'ai parlé de ceci à personne: cela aurait été un manquement à mon état, et au secret qui m'y liait. Peut-être étais-ce une erreur, finalement? Ensuite, plus rien pendant une semaine. Je commençais à croire que j'avais rêvé, quand j'appris que Noël Dechaumure, un ami d'enfance, venait d'être retrouvé mort chez lui. L'enquête aboutissait à un cambriolage dramatique: le voleur, surpris, lui aurait tiré une balle de 5,45 en pleine tête. Je fis le rapprochement. J'avais déjà entendu parler de ce calibre, quatorze années avant ceci. On avait retrouvé un député mort avec une balle de ce type dans le cœur. Je tremblais, sachant que ce n'était qu'un début. Une semaine après, un autre ami mourrait. Sa femme suivait la semaine suivante. J'aurais dû réagir, mais je ne pouvais me risquer à le faire. J'avais peur de la honte. Pourtant, peut-être cela m'aurait-il libéré de la honte dont je me couvrais depuis tout ce temps?
Tous les crimes eurent lieu un dimanche soir. C'était de la provocation, et cela se voyait. Le samedi qui suivait la fin de l'épouse Ilysis, Jacques, Santos, Henriette et moi-même nous retrouvâmes au domicile du premier nommé. C'était un petit appartement, mais au cadre convivial que j'appréciais beaucoup, surtout en une telle période de trouble. Ce soir-là, nous étions tendus. Santos, un Espagnol bon vivant, ouvrit la conversation. Il était clair qu'il nous en voulait. Nous avions tous joué un rôle important dans l'affaire. Et il ne nous l'avait pas pardonné. Jacques Duhel. Un policier dans la quarantaine, comme nous. Mince, musclé, les cheveux courts et blond cendré, avec des yeux qui faisaient craquer toutes les femmes, il était dans la fleur de l'âge, et ne se préoccupait pas outre mesure de son avenir. De nous, il n'avait rien fait que son travail, et ce dernier fut minime. Henriette Jacobs. Une jolie jeune femme de trente ans. Une gamine au moment des faits, mais pourtant, très concernée. Moins que moi, et c'est pour cela que mon tour viendrait en dernier… Santos Riviera Caballé. L'hispanique était français depuis sa naissance, qui avait eu lieu en France. Il avait été juré, une fois, et s'en était remis à la foi qu'il avait pour le sauver d'une erreur. Je lui avais alors apporté mon soutien.
Nous n'étions plus que quatre. Nous discutâmes âprement de la conduite à suivre. Santos proposait de fuir, mais nous savions que cela ne nous serait d'aucune utilité. Il avait les moyens de nous retrouver. Quand nous nous séparâmes, nous nous dîmes adieu, sachant que la semaine suivante, il en manquerait un. Ce fut Santos. Le pauvre fut retrouvé dans un fossé, et encore une fois l'arme du crime avait été une balle de 5,45. Logiquement, il restait dans le chargeur trois balles: une pour chacun d'entre nous. Les cinq autres avaient disparu dans les corps d'un député, et de quatre jurés. La foi de Santos n'avait pas suffi à le protéger, telles furent mes pensées tandis que je bénissais sa tombe. Il y avait ensuite eu une accalmie dans l'averse de mort. Pendant trois semaines, plus rien ne se passa. Jusqu'à ce que je reçoive cet appel.
-J'ai Henriette… Ainsi qu'un marché à vous proposer, mon père. Rendez-vous à l'adresse qui vous parviendra demain.
C'était un samedi soir. Je dînais seul chez moi quand il m'avait fallu décrocher. Le lendemain, je reçus un courrier anonyme. Une adresse y était indiquée. Et je fis la chose que j'avais espéré ne jamais devoir faire. Je sortis le magnum du tiroir où il était rangé.
Quand je parvins dans le vieil appartement, je ne trouvais rien. Rien de plus qu'un message. Message qui me donnait, outre un lieu où me rendre dans une semaine, un vieil article de journal. Je ne parvenais plus à réfléchir… Je devinais maintenant son intention: il voulait me faire subir le doute qu'il avait du supporter tout ce temps, en bloc sécuritaire. Qui était mort? Malade? En bonne santé? Marié? Divorcé? Et moi, je ne savais pas ce qu'était devenue cette adorable jeune fille. Je tombais à genoux sur le sol. Je la revoyais encore, quand elle venait le dimanche à la messe, sa voix d'ange, innocente, quand elle disait "Bonjour mon père". Puis elle avait vu. Je ne pouvais me résoudre à la laisser tomber. Je prévins Jacques. Il me répondit qu'il n'avait pas grand-chose qu'il puisse faire: il n'était pas haut gradé, mais il allait tenter d'ouvrir un dossier. Il est vrai que l'utilisation de balles quasiment introuvables depuis 1990 était un peu singulière. Je m'y rendis le lendemain. Je devrai plutôt dire "aujourd'hui". Ce cauchemar m'obsède… Je monte un escalier, et une fois en haut, c'est Henriette qui me tue. Je ne crois pas qu'elle puisse me faire le moindre mal, mais il est si réel qu'il passe en boucle dans ma pensée… La sueur… La douleur… Le craquement des marches en bois… Je chasse ces idées de ma pensée, et j'entre dans la vieille bâtisse…
Il s'agit d'un immeuble du début du siècle, qui va bientôt être détruit. Il tombe en ruine, et il est impossible de le rénover. Je ne comprends pas le choix ce cet endroit. Le message indiquait le troisième étage. J'y monte, faisant craquer les marchez de bois vermoulu sous mon poids. Je pense bizarrement que suis pourtant plutôt mince. Mais cela n'a pas d'importance. Au troisième étage, encore un message. Cette fois, c'est au grenier. Je monte cet escalier. Lentement. Très lentement. Marche après marche. Mes pas résonnent. Je sue à grosses gouttes. La gorge sèche. Je franchis la dernière marche. Mon cœur tambourine dans ma poitrine. On dirait la marche du condamné. Car c'est ce que je suis. Traduit devant la justice de Dieu et devant celle d'un homme. J'arrive enfin à la dernière marche. J'ouvre la porte. Henriette est là. Sur un lit. Je me précipite vers elle…sa main est froide comme le marbre. Un filet de sang a coulé sur l'oreiller, depuis sa tempe. J'entends un ricanement derrière moi. Je sais ce qui va se passer. Je me retourne. Il est là. La balle me transperce le cœur.
Il se nomme Jacques Duhel. Il est policier, célibataire, assez beau et dans la quarantaine. Il vient de perdre tous ses amis. Et porte sur lui la culpabilité de leur mort. Il est encore vivant: l'autre s'est suicidé après avoir tué le curé. Il sort un vieux cahier d'un tiroir. Les pages ont jauni, mais on peut toujours lire les notes ainsi que les articles de journaux qui y sont. Ceux qui racontent le meurtre d'un député. Ainsi que l'arrestation du criminel, à laquelle il a participé. Et comment Il a été envoyé en prison pour quatorze années de réclusion criminelle, dans un bloc de haute sécurité. Il ajoute un nom sur la dernière page. Puis, il se couche. Demain, Il devra travailler… _________________ Ha bon? |
|
† Léviathan † Maître des Lieux

 Age : 23 Inscrit le : 07 Sep 2005 Messages : 3095
| Sujet: Re: Confession(s) 19th Juillet 2006, 22:07 | |
| | Citation: | | Je sue à grosses gouttes? |
Pas de " ? " ici 
| Citation: | | Et moi, je ne savais pas ce qu'était devenue cette adorable jeune fille. Je tombais à genoux sur le sol. Je la revoyais encore, quand elle venait le dimanche à la messe, sa voix d'ange, innocente, quand elle disait "Bonjour mon père". Puis elle avait vu. |
Tu parle d'Henriette ici ?
| Citation: | | J'y monte, faisant craquer les marchez de bois vermoulu sous mon poids |
Les marcheS
Ouaw ! Quelle belle narration ! De l'angoisse tout au long du récit. Très bon boulot 
Lévia' |
|
Widfara Modérateur

Inscrit le : 27 Oct 2005 Messages : 152
| Sujet: Re: Confession(s) 23rd Juillet 2006, 11:37 | |
| Oui, en effet, le "?", c'est une faute de frappe que j'ai oublié de corriger... :s
Je parle d'Henriette, oui...c'est pas très clair, mais tout repose là-dessus, on ne sait pas grand-chose, et ce qu'on sait est confus^^ (pfiou, heureusement que je l'avais en reserve, celle-là...)
Merci pour les coimpliments^^ _________________ Ha bon? |
|
† Léviathan † Maître des Lieux

 Age : 23 Inscrit le : 07 Sep 2005 Messages : 3095
| Sujet: Re: Confession(s) 23rd Juillet 2006, 13:25 | |
| Dernière remarque ;
Ce n'est pas vraiment de la science fiction ce récit, mais je suppose que tu l'as pôsté là à défaut d'autres emplacements plus appropriés 
Lévia' |
|